Richard Schroeder


“Une exposition de femmes nues que seule leur rousseur habille et que leur blancheur défend“. Laurent Chalumeau

Richard Schroeder aime regarder les gens, les rencontrer, les photographier. Ici, ce sont des femmes, des femmes rousses sur lesquelles il pose son regard.
Derrière son Hasselblad, il capte une petite part du mystère de chacun de ses modèles, leur face secrète, cachée, il les saisit et leur  redonne chair et âme. Il les fixe sans pour autant les emprisonner et paradoxalement leur offre figure. De façon frontale, d’homme à femme. Il nous les propose en portraits photographiques -potentiels miroirs- cash, bruts mais ciselés, réels et imaginaires, beaux. De ce beau sans affèterie. Sans effet de manches, de mode.
Tout est dicté par la lumière et ses ombres. Son cadre précis est toujours carré. Le noir est sa couleur. Il révèle la blancheur des peaux laiteuses illuminées par la flamboyance des crinières et des toisons.  La séduction est son arme pour faire tomber les masques et faire éclore chacun des caractères.
Magicien, la pudeur lui donne mieux la force de déshabiller ses modèles et se trouver ainsi face à l’éternel féminin. Il rend les femmes belles, dénude leur âme. Le cœur de son travail photographique réside dans la synthèse, l’affinement, le dépouillé, l’essentiel, l’évidence que lui sait voir. Richard Schroeder arrête des instants car il sait qu’ “ il y a une myriade de bonheurs, partout, et souvent ils ne préviennent pas,  ils nous surprennent.  Mais ne durent jamais… “.
C’est dans les années 80 que Richard Schroeder réalise ses premières pochettes de disques  avec Daniel Darc, Casino Music, Elli Medeiros, Etienne Daho…Ce portraitiste nourri de musique  et de littérature collabore depuis avec les plus grands magazines (Rolling Stone, Vanity Fair, Elle, Paris Match, Le Monde…) 
(d’après une interview réalisée par Thierry Mattei, écrivain et journaliste)